Loyers : comment réduire la fiscalité de ses revenus locatifs ?
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LMNP, déficit foncier, amortissement… Certains propriétaires parviennent à réduire fortement, voire à neutraliser temporairement, la fiscalité de leurs revenus locatifs. Mais ces mécanismes restent encadrés et ne sont pas adaptés à tous les profils

Certains propriétaires parviennent à neutraliser l'imposition de leurs loyers pendant plusieurs années grâce à un mécanisme fiscal encore méconnu. Contrairement à une idée reçue, il ne s'agit ni d'une fraude ni d'un privilège réservé aux gros patrimoines. La fiscalité immobilière prévoit plusieurs dispositifs permettant de réduire, voire de neutraliser temporairement, l'imposition des revenus locatifs. Une nuance importante : ces mécanismes ne font pas disparaître l'impôt du contribuable ni son taux marginal d'imposition. Ils agissent uniquement sur la manière dont les loyers sont imposés.
La surprise est souvent brutale pour les investisseurs qui découvrent leur première déclaration fiscale. Car les loyers perçus ne correspondent pas toujours au revenu réellement disponible. Entre remboursement du crédit, taxe foncière, charges de copropriété, travaux et fiscalité, la rentabilité peut rapidement fondre. « Quand vous percevez des loyers, ils sont imposés selon votre tranche marginale d'imposition puis soumis aux prélèvements sociaux. C'est pour cela que beaucoup de propriétaires ont l'impression d'être fortement taxés », explique Claire Guénault, gestionnaire de patrimoine agréée AMF.
LMNP : comment certains bailleurs neutralisent l'imposition de leurs loyers
L'un des principaux leviers d'optimisation repose sur le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) déclaré au régime réel. Contrairement au micro-BIC, qui applique un abattement forfaitaire sur les loyers, le régime réel permet de déduire les charges effectivement supportées et d'amortir une partie du bien, du mobilier et de certains frais liés à l'acquisition. Dans certains cas, ce mécanisme suffit à neutraliser l'imposition des revenus locatifs pendant plusieurs années. « Dans mon cas personnel, le jeu des amortissements me permet de neutraliser l'imposition sur les loyers pendant une quinzaine d'années », explique Claire Guénault.
Cette situation n'est toutefois pas automatique. La durée pendant laquelle un bailleur peut réduire la fiscalité de ses revenus locatifs dépend notamment du prix d'achat du bien, du montant des frais de notaire, des éventuels travaux réalisés, de la valeur du mobilier acquis, de la durée du crédit et du niveau des loyers perçus.
Pour la gestionnaire de patrimoine, ce régime prend tout son sens lorsque l'investisseur rembourse encore son emprunt. « Beaucoup de propriétaires ont un prêt, une taxe foncière et des charges. Ils ne dégagent parfois que quelques dizaines d'euros de bénéfice par mois. Pourtant, sans optimisation, ils peuvent se retrouver à payer de l'impôt sur des loyers qui servent essentiellement à rembourser leur financement », observe-t-elle.
Cette stratégie est toutefois moins adaptée aux investisseurs qui envisagent une revente rapide. Depuis la réforme entrée en vigueur en 2025, les amortissements déduits dans le cadre du LMNP sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value.
Le déficit foncier, un outil avant tout destiné aux biens à rénover
Autre levier bien connu des investisseurs : le déficit foncier. Réservé aux logements loués nus, il permet de déduire certaines charges et certains travaux des revenus fonciers. Toiture, chaudière, plomberie, ravalement de façade, travaux énergétiques, remplacement des fenêtres ou rénovation d'une salle de bain peuvent notamment entrer dans le dispositif.
À l'inverse, les travaux d'agrandissement ou de reconstruction restent exclus. « La construction d'une véranda, la création d'un étage ou la reconstruction complète d'un bien ne rentrent pas dans le déficit foncier », rappelle Claire Guénault.
Concrètement, un propriétaire qui réalise 30.000 euros de travaux éligibles tout en percevant 10.000 euros de loyers génère un déficit foncier de 20.000 euros. Ce déficit peut être imputé sur le revenu global dans la limite de 10.700 euros par an, l'excédent pouvant être reporté sur les revenus fonciers des années suivantes. Certains travaux de rénovation énergétique permettent également de bénéficier d'un plafond majoré.
L'optimisation fiscale ne remplace pas un bon investissement
Il y a deux dimensions à prendre en compte : est-ce que je loue nu ou meublé, puis est-ce que je déclare au réel ou à l'abattement », résume Claire Guénault, rappelant que ces choix déterminent en grande partie la fiscalité future de l'investissement.
La question n'est pas seulement de savoir comment réduire la fiscalité de ses loyers, mais de déterminer si l'investissement est pertinent. « Beaucoup confondent optimisation fiscale et enrichissement. Je préfère un client qui paie un peu d'impôt avec un excellent investissement plutôt qu'un client qui ne paie aucun impôt avec un mauvais actif », conclut la spécialiste. En immobilier, optimiser la fiscalité d'un investissement ne compense jamais un mauvais achat.
Source: www.capital.fr



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